BNS à 0 % : pourquoi le franc suisse recule et ce que ça change pour les frontaliers

5 min de lecture · mis à jour le 24 septembre 2026

La Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0 % le 24 septembre. Mais l'information la plus utile pour comprendre le franc est dans son diagnostic : la BNS indique que le CHF s'est déprécié d'environ 3 % en valeur pondérée par le commerce extérieur depuis son précédent examen, parallèlement au creusement des écarts de taux entre la Suisse et les grandes zones monétaires. Pour un frontalier payé en CHF et dépensant en EUR, cette mécanique mérite d'être suivie de près.

La BNS maintient son taux directeur à 0 %

La décision officielle est un statu quo. La BNS estime que la pression inflationniste à moyen terme n'a que légèrement augmenté et que sa politique monétaire reste compatible avec la stabilité des prix.

La banque centrale conserve aussi un autre levier : elle se dit prête à intervenir sur le marché des changes si nécessaire pour garantir des conditions monétaires appropriées.

Le signal majeur : la BNS reconnaît l'affaiblissement du franc

Martin Schlegel a indiqué que le franc s'était déprécié d'environ 3 % en valeur pondérée par le commerce extérieur depuis le précédent examen. La BNS relie ce mouvement au creusement des écarts de taux entre les grands espaces monétaires et la Suisse.

C'est important pour le CHF/EUR : la BNS reste à 0 % alors que les taux ont récemment été relevés dans la zone euro et aux États-Unis. Des rendements relatifs plus élevés hors de Suisse peuvent réduire l'attrait du franc. Ce mécanisme n'explique pas chaque mouvement intraday, mais il constitue désormais un facteur explicitement identifié par la BNS.

Inflation : pourquoi la BNS ne remonte pas son taux aujourd'hui

L'inflation suisse est passée de 0,6 % en mai à 0,8 % en août, principalement sous l'effet des produits pétroliers. La BNS prévoit une inflation moyenne de 0,7 % en 2026, puis 0,8 % en 2027 et 2028.

La banque centrale souligne également que l'affaiblissement du franc contribue à relever légèrement sa prévision d'inflation à moyen terme. Un franc moins fort renchérit en effet certains biens importés.

Ce que cela signifie pour ton salaire en CHF

Quand le CHF baisse face à l'euro, un même salaire suisse permet d'obtenir moins d'euros. L'effet paraît petit en pourcentage mais devient concret sur plusieurs milliers de francs.

À titre d'ordre de grandeur, une variation défavorable de 0,3 % représente environ 18 EUR sur 6 000 CHF, 24 EUR sur 8 000 CHF et 30 EUR sur 10 000 CHF, avant frais et marge de change. Ce calcul illustre l'effet d'une variation de taux ; il ne prédit pas le prochain mouvement.

Les trois signaux que Pellop surveille maintenant

Après une décision de banque centrale, il faut distinguer le fait officiel, la réaction de marché et les interprétations. Pellop continuera donc à suivre le CHF/EUR plutôt que de transformer la décision de la BNS en consigne automatique de conversion.

  • l'évolution effective du CHF/EUR après la conférence de presse
  • les écarts de taux entre la Suisse et la zone euro
  • les nouveaux signaux de la BNS sur le franc et d'éventuelles interventions de change

À retenir : La BNS reste à 0 %, mais son message sur le franc est riche : elle constate une dépréciation d'environ 3 % en valeur pondérée et la relie notamment au creusement des écarts de taux. Pour un frontalier, le bon réflexe est de suivre la réaction réelle du CHF/EUR et de la replacer dans sa propre fenêtre de conversion.

Sources utilisées

Pellop privilégie les sources officielles et les médias reconnus. Les liens ouvrent les publications d'origine.

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